Club des amis des belles-lettres et des arts du C.B.K

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EPREUVE D’ETUDE DE TEXTE

TEXTE

Mais chez nous, le meilleur testament écrit n’avait guère la force de la parole devant la mort. La parole signifie la vie, la vie qui continue, et que l’homme doit respecter à tout moment, parce qu’elle est la seule chose d’ici-bas qui ne passe guère. Les hommes qui savent écrire perdent ce profond respect de la vie. Ils savent que leur pensée ne se dégradera pas au cours du temps, ils savent que ce qu’ils disent ou pensent aujourd’hui gardera sa forme demain, quels que soient les hommes qui vivront après eux : car l’écriture reste qui donne une forme immuable[1] à la pensée. Ainsi, la parole, manifestation naturelle de la vie, se trouve remplacée par une invention toute conventionnelle des hommes, l’écriture. On comprend alors que la vie elle-même perde un peu de son importance, et l’on s’explique facilement les guerres mondiales décimant des milliers d’hommes…

En inventant l’écriture, l’homme a cru se mettre à l’abri du temps : il a enfermé sa pensée dans le livre, accordant à celui-ci, une confiance grandissante, que rien ne semble pouvoir détruire. Pourtant, le livre ne mérite en rien cette confiance excessive, car dans le fond, il est l’ami le plus indiscret qui soit : dites-lui que vous venez de faire une découverte, et il se met aussitôt à la divulguer de par le monde, comme si la chose regardait tout le monde entier. Francis Bebey, Le Fils d’Agatha Moudio.

QUESTIONS

COMPREHENSION 6pts

1° Quelle est la nature de ce texte ? (argumentatif, narratif, descriptif). Justifiez votre réponse. 2pts

2° Quels sont les points de vue soutenu et rejeté par l’auteur dans le texte ? 2pts

3° L’auteur parle de « chez nous », à la lecture du texte, à quelle race ou quel peuple renvoie cette expression ? 2pts


VOCABULAIRE 6pts

1° Expliquez les mots et expression suivants : dégradera ; indiscret ; mettre à l’abri ; enfermer sa pensée dans le livre. 2pts

2° Trouvez dans le texte : deux couple d’antonyme ; un synonyme de « invention » ; un homonyme de « mais ». 2pts

3° relevez dans le texte : une répétition, une périphrase, une antithèse, une personnification. 2pts



GRAMMAIRE ET MANIEMENT DE LA LANGUE 8pts

1° Donnez la nature et la fonction des groupes de mots soulignés dans le texte. 2pts

2° Donnez la fonction des propositions en italique. 2pts

3° Relevez tous les mots de liaison du texte et donnez leur valeur d’emploi (dans un tableau). 2pts

4° Remplacez les deux points du second paragraphe par les connecteurs logiques qui conviennent. 2pts





EPREUVE DE REDACTION


SUJET 1 :
Discutez cet avis d’un élève indiscipliné de la ville de Yaoundé : « Ce n’est ni la discipline, ni l’hygiène et la salubrité, ni même le travail en classe qui font réussir à l’examen officiel ».
SUJET 2 :
Montrez dans une argumentation bien organisée les bénéfices et les risques de la lecture chez les jeunes aujourd’hui (en insistant sur les volets de l’éducation, de l’instruction et de la formation humaine).


SUJET 3 :
Une jeune fille vient de mourir miraculeusement dans votre famille. Une réunion de famille est convoquée pendant laquelle une vive querelle a lieu entre ceux qui pensent que MBARGA, le grand-père du défunt, est coupable et ceux qui clament son innocence.

Dans un dialogue associé au récit, rapportez-nous la scène.




EPREUVE DE REDACTION

SUJET 1 :
Discutez cet avis d’un élève indiscipliné de la ville de Yaoundé : « Ce n’est ni la discipline, ni l’hygiène et la salubrité, ni même le travail en classe qui font réussir à l’examen officiel ».

SUJET 2 :

Montrez dans une argumentation bien organisée les bénéfices et les risques de la lecture chez les jeunes aujourd’hui (en insistant sur les volets de l’éducation, de l’instruction et de la formation humaine).
SUJET 3 :
Une jeune fille vient de mourir miraculeusement dans votre famille. Une réunion de famille est convoquée pendant laquelle une vive querelle a lieu entre ceux qui pensent que MBARGA, le grand-père du défunt, est coupable et ceux qui clament son innocence.

Dans un dialogue associé au récit, rapportez-nous la scène.





EPREUVE DE DICTEE

Je me souviens des paroles de Waldemar Cuzco, le jour où il nous laissa partir vers l’Europe. Il nous avait pris sur les genoux, mon frère et moi, et, de sa voix sourde qui nous remuait le ventre, il avait dit : « Au fond de vous, minuscule, dort le Brésil. Plus vous grandirez, plus il grandira. Il bougera. Ça vous tirera de partout. Vous serez comme une femme qui va mettre un enfant au monde. Vous trouverez qu’il fait froid de ce côté-ci de l’Atlantique. Vous aurez envie de fruits secs et sucrés, de chants lancinants et tendres qui déchirent nos ciels plus nets que les orages. Alors il faudra rentrer. » J’avais onze ans et Pacifio huit. Trente années ont passé. Nous n’avons jamais eu froid. Au fond de nous, ce n’est pas un pays qui grandi mais un homme.

Eric FOTTORINO, Nordeste, 1999.



EPREUVE DE DICTEE

Je me souviens des paroles de Waldemar Cuzco, le jour où il nous laissa partir vers l’Europe. Il nous avait pris sur les genoux, mon frère et moi, et, de sa voix sourde qui nous remuait le ventre, il avait dit : « Au fond de vous, minuscule, dort le Brésil. Plus vous grandirez, plus il grandira. Il bougera. Ça vous tirera de partout. Vous serez comme une femme qui va mettre un enfant au monde. Vous trouverez qu’il fait froid de ce côté-ci de l’Atlantique. Vous aurez envie de fruits secs et sucrés, de chants lancinants et tendres qui déchirent nos ciels plus nets que les orages. Alors il faudra rentrer. » J’avais onze ans et Pacifio huit. Trente années ont passé. Nous n’avons jamais eu froid. Au fond de nous, ce n’est pas un pays qui grandi mais un homme.

Eric FOTTORINO, Nordeste, 1999



COMMENTAIRE COMPOSE

Wilfried

Que ressentez-vous lorsque vous marchez dans la rue, quand par hasard vous êtes au milieu des Blancs ?

Karmis

Cela dépend du temps, de mon humeur, de mes préoccupations.

Wilfried

Savez-vous que vous n’êtes pas un Blanc ?

Karmis

Je le sais au moins autant que vous.

Wilfried

Alors, que ressentez-vous ?

Karmis

J’ignore ce que vous souhaiteriez que je ressente. Je suis bien dans ma peau.

Wilfried

Vous n’avez jamais rêvé d’être Blanc ?

Karmis

Je me pendrais si, un matin, je me réveillais Blanc.

Wilfried

Vous vous pendriez d’être devenu Blanc ?

Karmis

De n’être plus un Noir, c’est-à-dire moi-même.

Wilfried

Vous n’êtes pas un vrai nègre.

Karmis

Quelques Noirs s’épuisent à devenir vos égaux. Je n’en fais pas partie. Tout est possible, pensent-ils, il suffit de s’efforcer. Vous leur prêcher (sic) l’idéal d’une fraternité universelle, mais vous êtes maitres dans l’art de créer des inégalités. Trotte-menu immobiles à la poursuite d’Achille, ils chevillent et lestent à leur insu votre échelle sociale. Mais nous, qu’au pied de cette échelle l’ignorance et la misère ont figés, seul nous sauvera un bouleversement radical des rapports sociaux. Qu’on lâche l’échelle ou, mieux, qu’on l’abatte ! Plus haut grimpe le chimpanzé et plus retentit sa chute quand surgit l’arbalétrier à l’œil sûr.

Wilfried

Malgré notre supériorité, nous prêchons un idéal de fraternité, tandis que vous comptez sur un cataclysme fortuit pour prendre notre place.

Karmis

Votre idéal est pernicieux ; il veut établir d’abord ce qu’il prétend ensuite supprimer : l’inégalité naturelle entre Noirs et Blancs. Rien n’est fortuit. Le moment venu, nous saurons provoquer le cataclysme.



Joseph Ngoué, La Croix du Sud, Acte II, Scène IV, Paris, Classiques Africains, 1997, p.32-33.



Sans dissocier le fond et la forme, vous ferez de ce texte un commentaire composé. Vous pourrez par exemple montrer, à partir des types de phrases, des figures de style et des champs lexicaux, comment se décrit l’univers raciste.




COMMENTAIRE COMPOSE
Wilfried

Que ressentez-vous lorsque vous marchez dans la rue, quand par hasard vous êtes au milieu des Blancs ?

Karmis

Cela dépend du temps, de mon humeur, de mes préoccupations.

Wilfried


Savez-vous que vous n’êtes pas un Blanc ?

Karmis

Je le sais au moins autant que vous.

Wilfried

Alors, que ressentez-vous ?

Karmis

J’ignore ce que vous souhaiteriez que je ressente. Je suis bien dans ma peau.

Wilfried

Vous n’avez jamais rêvé d’être Blanc ?

Karmis

Je me pendrais si, un matin, je me réveillais Blanc.

Wilfried

Vous vous pendriez d’être devenu Blanc ?

Karmis

De n’être plus un Noir, c’est-à-dire moi-même.

Wilfried

Vous n’êtes pas un vrai nègre.

Karmis


Quelques Noirs s’épuisent à devenir vos égaux. Je n’en fais pas partie. Tout est possible, pensent-ils, il suffit de s’efforcer. Vous leur prêcher (sic) l’idéal d’une fraternité universelle, mais vous êtes maitres dans l’art de créer des inégalités. Trotte-menu immobiles à la poursuite d’Achille, ils chevillent et lestent à leur insu votre échelle sociale. Mais nous, qu’au pied de cette échelle l’ignorance et la misère ont figés, seul nous sauvera un bouleversement radical des rapports sociaux. Qu’on lâche l’échelle ou, mieux, qu’on l’abatte ! Plus haut grimpe le chimpanzé et plus retentit sa chute quand surgit l’arbalétrier à l’œil sûr.

Wilfried

Malgré notre supériorité, nous prêchons un idéal de fraternité, tandis que vous comptez sur un cataclysme fortuit pour prendre notre place.

Karmis

Votre idéal est pernicieux ; il veut établir d’abord ce qu’il prétend ensuite supprimer : l’inégalité naturelle entre Noirs et Blancs. Rien n’est fortuit. Le moment venu, nous saurons provoquer le cataclysme.



Joseph Ngoué, La Croix du Sud, Acte II, Scène IV, Paris, Classiques Africains, 1997, p.32-33.




Sans dissocier le fond et la forme, vous ferez de ce texte un commentaire composé. Vous pourrez par exemple montrer, à partir des types de phrases, des figures de style et des champs lexicaux, comment se décrit l’univers raciste.





ÉPREUVE DE LITTÉRATURE : COMMENTAIRE COMPOSE
Classe de Tle AEsp



Wilfried

Que ressentez-vous lorsque vous marchez dans la rue, quand par hasard vous êtes au milieu des Blancs ?

Karmis

Cela dépend du temps, de mon humeur, de mes préoccupations.

Wilfried

Savez-vous que vous n’êtes pas un Blanc ?

Karmis

Je le sais au moins autant que vous.

Wilfried


Alors, que ressentez-vous ?

Karmis


J’ignore ce que vous souhaiteriez que je ressente. Je suis bien dans ma peau.

Wilfried


Vous n’avez jamais rêvé d’être Blanc ?

Karmis

Je pendrais si, un matin, je me réveillais Blanc.

Wilfried

Vous vous pendriez d’être devenu Blanc ?

Karmis

De n’être plus un Noir, c’est-à-dire moi-même.

Wilfried


Vous n’êtes pas un vrai nègre.

Karmis


Quelques Noirs s’épuisent à devenir vos égaux. Je n’en fais pas partie. Tout est possible, pensent-ils, il suffit de s’efforcer. Vous leur prêcher l’idéal d’une fraternité universelle, mais vous êtes maitres dans l’art de créer des inégalités. Trotte-menu immobiles à la poursuite d’Achille, ils chevillent et lestent à leur insu votre échelle sociale. Mais nous, qu’au pied de cette échelle l’ignorance et la misère ont figés, seul nous sauvera un bouleversement radical des rapports sociaux. Qu’on lâche l’échelle ou, mieux, qu’on l’abatte ! plus haut grimpe le chimpanzé et plus retentit sa chute quand surgit l’arbalétrier à l’œil sûr.

Wilfried


Malgré notre supériorité, nous prêchons un idéal de fraternité, tandis que vous comptez sur un cataclysme fortuit pour prendre notre place.

Karmis

Votre idéal est pernicieux ; il veut établir d’abord ce qu’il prétend ensuite supprimer : l’inégalité naturelle entre Noirs et Blancs. Rien n’est fortuit. Le moment venu, nous saurons provoquer le cataclysme.



Joseph Ngoué, La Croix du Sud, Acte II, Scène IV, Paris, Classiques Africains, 1997, p.32-33.



Sans dissocier le fond et la forme, vous ferez de ce texte un commentaire composé. Vous pourrez par exemple montrer, à partir des types de phrases, des figures de style et des champs lexicaux, comment se décrit l’univers raciste.



[1] Qui ne change pas.




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